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posté le 2009-04-15 à 10:09:10
Sud-ouest numérique de ce matin :
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Le Siba anticipe le risque
«Le Siba est le gardien du temple. Le gardien du plan d'eau. À ce titre, il ne peut permettre de laisser peser le moindre soupçon de risque sur le Bassin. » C'est en ces termes que Michel Sammarcelli, le président du syndicat intercommunal, a expliqué hier sa décision de participer de façon importante au financement de la mise en sécurité du Centre de traitement des déchets (CET) d'Audenge (lire également notre édition d'hier).
Le risque, c'est celui induit par l'écoulement des lixivias, ces « jus » émanant des déchets en décomposition et qui, en l'absence de couverture des casiers, circulent dans la nature. Car, bien que fermé depuis le 31 décembre 2007, le CET n'a pas été totalement mis en sécurité.
2,7 millions de travaux
C'est le dramatique constat qu'a fait la commune d'Audenge lorsque la société en charge de l'exploitation, Edisit, a mis la clé sous la porte en janvier dernier. Évalués à 2,7 millions d'euros, les travaux de mise en sécurité se sont vite révélés trop importants pour la commune.
Si le maire, Nathalie Le Yondre a pris sur elle d'engager 200 000 euros sur les deniers communaux en mars, afin de réaliser des premiers travaux d'extrême urgence, l'édile ne voyait pas comment prendre en charge le reste du financement. Plusieurs tours de table en présence des « producteurs » de déchets, à savoir les communes et les intercommunalités du Bassin, ont été faits.
D'autres acteurs du CET tels que les communes de Cestas, Martignas ou Saint-Jean-d'Illac, mais aussi les industries basées à Pau, dans les Landes ou les Pyrénées-Atlantiques auraient pu répondre à l'appel. Un appel qui, jusqu'à vendredi, était resté sans réponse.
« Une action collective »
Vendredi, le Siba a annoncé sa décision de participer au financement. Une décision « collective », comme le souligne Michel Sammarcelli, qui ne fait pourtant pas appel aux compétences directes du Siba en la matière.
« Si nous intervenons, c'est pour prévenir le moindre risque. Le cabinet d'étude missionné par la commune d'Audenge a démontré qu'il pourrait y avoir entre 80 000 et 100 000 mètres cubes de lixivias sortant des casiers et circulant. Des jus qui doivent être traités. »
Un traitement qui, le président du Siba l'affirme, ne se fera pas dans la station de Biganos. « Même s'il s'avérait que la teneur de ces lixivias en métaux lourds le permettait, nous ne prendrons aucun risque. Hors de question que ces jus, traités, se retrouvent au Wharf ! » Un engagement qui fait écho à la politique du Siba de « zéro rejet dans le Bassin afin de protéger l'ostréiculture ».
Aucun lien avec les huîtres
Une ostréiculture qui, assure Michel Sammarcelli, ne peut avoir déjà pâti des conséquences du CET. « Nos services d'hygiène le contrôlent. Je suis catégorique : il n'y a aucune corrélation entre les résultats du test souris et le CET. Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est anticiper, prévenir tout risque. »
Pour cela, le Siba et la mairie d'Audenge entendent « aller très vite ». Le 11 mai prochain, le comité syndical du Siba se réunit afin de voter la subvention idoine. Le président entend bien « obtenir l'unanimité sur le dossier ». Cette subvention sera versée à la commune d'Audenge qui assurera la maîtrise d'ouvrage. L'objectif étant une mise en sécurité avant l'été.
Recherche en responsabilité
Comme l'a déjà fait la ville d'Audenge, le Siba lance, de son côté, une procédure de recherche en responsabilité. « Il n'est pas normal que nous en soyons arrivé là », martèle Michel Sammarcelli, qui rappelle le principe de « pollueurs payeurs ». Le syndicat lance également une action de validation des montants annoncés par le cabinet d'étude.
Et le président du Siba de déplorer la participation de l'État qui, via l'Ademe, injecte 500 000 euros. « Il peut beaucoup mieux faire. » Les autres financeurs étant la commune qui, en plus des 200 000 euros déjà injectés, verse 400 000 euros (et se voit, dès ce soir à la faveur de son Conseil municipal, obligée d'augmenter les impôts) et le Conseil général pour 300 000 euros.
Par ailleurs, le syndicat intercommunal a clairement signifié qu'il n'interviendrait pas, par la suite, pour la seconde phase de réhabilitation du site et ni pour la troisième de suivi post-exploitation sur trente ans. « Notre action est motivée aujourd'hui par la protection de l'environnement. » |
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